Heliconia Bihai

 

 

Dans cet article, je souhaite expliquer les techniques d'exécution de cet Héliconia.

Vous découvrirez la palette utilisée ainsi que les différentes étapes à respecter pour obtenir le résultat final.

Peut-être aurez-vous alors envie de vous lancer et de réaliser à votre tour un Héliconia Bihai!

Première étape après le croquis: le fond!

J'ai choisi pour cette aquarelle de commencer par le fond. Il m'est arrivé de commencer d'abord par le sujet et de terminer par le fond, mais ce n'est pas pratique: si votre fond déborde sur la place réservée pour le sujet, vos couleurs viendront s'y superposer, créant peut-être un effet imprévu mais intéressant. Ou bien, si cela reste possible, vous pourrez adapter votre dessin pour "rattrapper" le débordement.

Mais si le fond vient tacher votre sujet principal, il sera difficile de "réparer" l'erreur...

Pour ce fond, j'ai utilisé une palette de 7 couleurs: laque écarlate, rose permanent, vert anglais foncé, oxyde de chrome, violet, noir d'ivoire et jaune transparent. J'ai ensuite gardé ces mêmes couleurs pour la fleur elle-même.

 

Pour ce fond, j'ai d'abord humidifié le papier en évitant soigneusement la fleur et les tiges. Puis, j'ai posé des taches de couleur avec un gros pinceau à lavis.

Deuxième étape: un lavis sur les pétales.

Avant de commencer la fleur, il faut attendre que le fond soit bien sec.

J'ai commencé par humidifier les pétales un à un. Puis j'ai posé un jaune très clair (jaune transparent) sur le haut de chaque pétale. Les pigments ont ainsi doucement diffusé vers le centre de chaque partie de la fleur.

Puis, sur papier sec, j'ai utilisé le vert oxyde de chrome pour tracer un liseré à l'aide d'un pinceau moyen. Ce trait est foncé sur les pointes, puis de plus en plus clair en allant vers le centre de la fleur. Pour éclaircir mon tracé, j'ai dilué ma couleur; j'utilise aussi un papier absorbant pour ôter l'excédent de pigment sur mon pinceau et continuer mon tracé.

Troisième étape: les couleurs vives.

Les couleurs utilisées sont la laque écarlate et le rose permanent. Comme vous avez pu le voir sur la photo précédente, je commence par le haut de la fleur.

Je pose le rose permanent sur les bords et la laque écarlate au centre, toujours à l'aide de mon pinceau moyen. Le papier étant humide, les couleurs fusionnent. Je veille à garder la partie blanche sous chaque pétale. Il faut donc maîtriser la diffusion des pigments.

Astuce: Si votre couleur diffuse à un endroit indésirable de votre dessin, n'appliquez pas de papier absorbant sur la feuille, cela provoquerait des auréoles au séchage. J'utilise pour ma part avec succès un pinceau sec qui va absorber la couleur bien plus proprement!

Quatrième étape: les tiges.

Pour les tiges, on retrouve le vert oxyde de chrome et le vert anglais. J'ai ajouté à toutes petites touches du vert nuance bleu (Winsor et Newton), du violet, du noir d'ivoire et le jaune permanent.

J'ai considéré comme un atout la possibilité de créer des taches sur les feuilles car les pétales avaient été très "maîtrisés" en comparaison.

Comme pour les étapes précédentes, il faut que le papier ait bien séché avant de commencer les tiges. Après avoir mouillé les parties concernées, je travaille très doucement pour ne pas déborder. Je n'ai pas utilisé la gomme à masquer pour la tige la plus fine. Aussi, avec la pointe d'un pinceau moyen (pas besoin d'un pinceau extrèmement fin), j'ai pris mon temps.

L'aquarelle est terminée. Pour que le sujet s'intègre bien avec le fond, choisissez des couleurs que vous utiliserez pour les deux. Dosez bien vos couleurs pour que le fond laisse tout de même la vedette à votre sujet... évitez le piège des fonds aussi intenses que le sujet.