TOUJOURS PLUS HAUT!

 

 

Le modèle de départ.

Je souhaite créer une aquarelle très ressemblante au modèle. La part d'expression et d'impression personnelles seront donc assez réduites dans cette oeuvre.

Ce qui me frappe dans cette photo, outre l'angle de la prise de vue, c'est l'impression de combat pour la lumière qui se dégage, lutte entre l'arbre et les plantes épiphytes parasites, qui rivalisent de stratégies pour accéder au moindre rayon salvateur. Je voudrais conserver ce message dans mon tableau.

Étape 1: Après avoir imprimé ma photo, je l'ai découpée en 16 carrés au crayon. Je me sers de ce quadrillage pour reproduire le modèle, directement sur mon papier. J'utilise un crayon à mine rétractable et ne trace que des traits extrêmement légers. Néanmoins, pour ce modèle, mon dessin est très détaillé. J'ai fait au préalable un lavis à la Laque Jaune et je fais mon croquis sur ce lavis sec. Je ne peux malheureusement pas vous le montrer car les traits sont si fins qu'ils ne sont pas ressortis sur la photo. Pour cette étape, j'ai mis 3 heures.

Etape 2: J'utilise quatre verts différents pour les premières feuilles. Je procède étape par étape, comme d'habitude pour ce genre d'aquarelle très minutieuse, en laissant bien sécher chaque partie pour ne pas créer de fusion. Ce pourrait être intéressant, mais ce n'est pas l'effet que je souhaite.

Sur papier sec, je trace au pinceau 3 zéros les fines nervures des feuilles.

  • Pour ce tableau, voici ma palette:
    Dans la marque Winsor et Newton:
    ocre brun; oxyde de chrome; vert de vessie permanente; terre verte (nuance jaune); vert olive; terre d'ombre naturelle; noir d'ivoire.
    Dans la marque Sennelier:
    Laque jaune; Jaune Cadmium foncé; vert anglais foncé.

  • J'aime signer en clair lorsque mon fond est sombre. Aussi m'arrive-t-il très souvent de signer dès le début de l'aquarelle, afin d'être sûr que cette partie est réservée. Je pourrais utiliser le fluide à masquer, mais j'avoue que cela me plait de dessiner ma signature ainsi. J'ai utilisé la même technique pour ma peinture "Le troisième jour".

Etape 3: Ma teinte dominante est le vert de vessie permanent. Je peins feuille après feuille, chacune raconte une histoire.

Pour souligner le relief, et créer ainsi de la profondeur en faisant ressortir les feuilles les unes par rapport aux autres, je cerne, à l'aide d'un pinceau très fin, chaque feuille du premier plan en Noir d'ivoire. Certaines nervures sont plus claires que la feuille. Pour cet effet, je dépigmente en passant un pinceau fin sec sur la couleur encore humide.

J'obtiens certains dégradés par dilution de la couleur (technique lavis dégradé). Pour d'autres feuilles, je dépigmente après coup en réhumidifiant une partie et en utilisant un papier absorbant, ce qui permet un retrait de couleur. J'ai toujours avec moi, lorsque je peins, un rouleau de papier absorbant.

Vous remarquerez que mon lavis est bien jaune par rapport à l'éclairage très blanc de mon modèle. C'est volontaire. Je souhaite une aquarelle dans des tonalités plus chaudes que sur ma photographie.

Etape 4: Je prends bien le temps de prévoir les couleurs de mes feuilles du premier plan. Pour éviter un vert uniforme, je dois tenir compte des verts déjà utilisés et créer de nouvelles teintes (à partir de celles que j'ai déjà) pour conserver un contraste entre chaque élément de ce feuillage.

Je commence ensuite les branches du haut de l'arbre. Toujours branche par branche, je laisse des zones de clarté et des zones plus sombres pour anticiper sur le feuillage qui viendra cacher certaines parties. Je peins en très humide afin que les pigments fusionnent. Pour les zones plus claires, j'utilise un pinceau sec pour retirer la couleur, tout en faisant attention à ne pas créer d'auréoles. Pour les branches les plus fines, j'ai utilisé un pinceau Gulliver.

 

Enfin, une fois la ramure sèche, je m'attaque au feuillage de l'arrière plan. Mon pinceau est quasiment sec. J'applique la peinture par toutes petites touches.

Etape 5: La ramure et le feuillage de l'arrière-plan sont terminés; je m'attaque au tronc proprement dit. C'est à nouveau un travail très minutieux car je peins entre les feuilles déjà colorées du premier plan. Ma palette pour cette partie de l'arbre est constituée principalement d'ocre brun, de jaune foncé cadmium etde gris de Paynes.

Je suis parti du haut de l'arbre pour descendre ensuite vers la partie la plus foncée, à la base de ma feuille.  A l'aide d'un gros pinceau à lavis, j'applique la couleur de base, puis, avec un pinceau très fin, j'ajoute les détails.

L'aquarelle est terminée.